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8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 13:50

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Ce rapport a été présenté par Tiago Viera, président de la FMJD, membre de la Jeunesse Communiste Portugaise (JCP), lors de la réunion de la Commission Europe Amérique du Nord du 16 et 17 juillet à Berlin.

 

Au cours des dernières années, la situation de la jeunesse au niveau mondial a continué à se développer de façon négative, confirmant notre analyse selon laquelle le bien-être des peuples et des jeunes est incompatible avec l’ordre impérialiste mondial, tel qu’il résulte de l’expansion du système irrationnel et injuste qu’est le capitalisme.

Ce fait n’a jamais été aussi visible et clair aux yeux de l’humanité que durant la dernière période. Suite à la crise des prix alimentaires et de l’énergie, l’éclatement de la "bulle spéculative" aux USA a apporté avec elle l’inévitable crise internationale du système capitaliste, qui a produit une augmentation massive du chômage (en particulier parmi les jeunes générations) et une diminution substantielle du pouvoir d’achat des travailleurs.

Cependant, toutes les couches de la société n’ont pas été touchées de la même manière. Alors que les travailleurs et les jeunes ont vu leurs droits être détruits, leurs lieux de travail fermés et leurs salaires diminués, les grands groupes économiques, en particulier le secteur bancaire, sont restés intacts et ont été plusieurs fois renflouées par des fonds publics.

Ces faits conduisent à la destruction du système productif et des services publics de nombreux pays, tandis que les grands groupes économiques ont continué à profiter des niveaux élevés de profits et de l’accumulation de richesses. La situation vécue dans les pays comme la Grèce, l’Irlande et le Portugal (et bientôt en Italie, Espagne et Belgique) constitue une preuve incontestable de l’exploitation dont ces peuples sont victimes juste pour que les bénéfices des grand groupes économiques nationaux et internationaux restent intacts.

Au cours des dernières années, sous le prétexte de la crise et des soi-disant « sacrifices pour tous », il y a eu une tendance générale à modifier par la force le droit du travail. Au niveau des jeunes, cela a eu un fort impact sur la généralisation « des formes flexibles » de travail (intérim, CDD…) et sur l’explosion de la précarité parmi les travailleurs, ainsi que sur la poursuite de phénomènes sociaux alarmants tel que le travail des enfants.

De tels faits ont contribué à approfondir encore davantage l’écart entre les riches et les pauvres, au niveau international comme au sein de la plupart des pays du monde. La situation de pauvreté affecte aujourd’hui plus d’un milliard d’êtres humains, dont beaucoup ne vivent pas dans des situations de pauvreté extrême, mais dans des situations de pauvreté cachée, autant en raison de l’augmentation de l’exploitation des travailleurs, de l’élimination partielle ou totale de mécanismes d’intégration sociale que de la privatisation des services publics de base. Parallèlement, la pauvreté, la faim, la malnutrition et le manque d’accès à l’eau potable continuent d’affecter des millions d’êtres humains (aux seuls États-Unis, 49 millions de personnes souffrent de la faim ou de la malnutrition). Dans un monde où il y a une production d’aliments plus élevée que les besoins de la population mondiale, seule la distribution irrationnelle des ressources du système capitaliste peut expliquer que des enfants continuent à mourir de faim chaque jour.

L’accès à l’éducation continue d’être, pour un nombre croissant de jeunes, uniquement un mirage. L’absence de politiques publiques cohérentes dans de nombreux pays, et la privatisation partielle ou totale des écoles et universités, dans une grande partie du monde, conduit à une situation ou seul un pourcentage infime des jeunes de la planète peuvent réellement avoir accès à tous les niveaux de l’enseignement supérieur sans aucune sorte de barrière économique et sociale.

L’accès à la santé ne fait pas exception dans la dégradation générale des conditions de vie. Des millions de jeunes partout dans le monde n’ont toujours pas accès aux soins et à une bonne prévention des maladies. Un des exemples est l’absence de politique publique forte de nombreux gouvernements en matière de prévention et d’éducation sexuelle des jeunes, qui conduit à la poursuite et à la généralisation des maladies sexuelles - notamment celle du virus mortel du VIH / sida - et aux grossesses non désirées, particulièrement chez les adolescents.

Comme un paradoxe inhérent à l’ordre impérialiste mondial, malgré la crise et les attaques énormes contre les travailleurs et les droits des jeunes (tant de fois sous le prétexte de « l’absence d’argent »), la militarisation du monde se poursuit, avec de vastes quantités d’argent investies dans le renouvellement des armées, l’armement, la recherche d’armes nouvelles et plus sophistiquées, les armes et essais nucléaires, la promotion des conflits, les occupations et la mise en œuvre des guerres impérialistes. Cette dépense a augmenté de 49% dans la dernière décennie et dans la seule année 2008 elle a été de 1 500 milliards de dollars.

Une des conséquences de la crise - issue de la nécessité du système de chercher de nouveaux marchés et d’extraire plus de profits - l’impérialisme a rendu réel le vieux principe qui consiste à faire de la guerre une extension de la politique, par des moyens violents. En utilisant la même justification que par le passé, de la soi-disante « guerre humanitaire », les forces impérialistes ont envahi la Libye après avoir fait la promotion d’une guérilla interne soutenue par les Etats-Unis, l’Union européenne et armée par l’Arabie saoudite et la France. La guerre en Libye n’a rien à voir avec la défense de la démocratie ou avec le bien-être du peuple libyen, mais a une claire motivation économique et géostratégique. Comme dans le cas de l’Irak, l’OPA sur la Libye signifierait pour l’impérialisme de nouvelles réserves de pétrole disponibles à très faible coût et un endroit où enfin installer le commandement étasunien en Afrique (AFRICOM).

Au cours des dernières années et en particulier dans le contexte de la crise, les médias de masse ont continué à jouer un rôle important dans la diffusion de l’idéologie dominante et dans la manipulation des esprits des jeunes du monde. Utilisés pour imposer leurs principes et valeurs en collaboration avec l’école, les médias (télévision, cinéma, radio et internet) constituent un énorme investissement des grands groupes économiques pour maintenir l’assimilation des messages qui défendent le système : « il n’y a pas d’alternative à la politique imposée, il est inutile de lutter contre ces politiques, il est nécessaire de faire cela pour répondre aux besoins du système même si cela implique le début de guerres… ».

Par ailleurs, la création et la promotion des soi-disant « agences de notation » ont servi à répandre la panique parmi les populations afin de mener la classe ouvrière à docilement accepter toutes les revendications des marchés. Sous couvert d’une évaluation indépendante des dettes des États et des entreprises publiques, comme des médias, ce sont en fait de simples instruments pour forcer aux interventions externes (comme au Portugal, en Irlande et en Grèce), à l’augmentation des taux d’intérêt payés par les Etats au secteur bancaire et à la dévaluation des entreprises publiques dans le processus de privatisation afin de les rendre encore moins cher pour les groupes économiques privés qui veulent les acheter.

Mais tout n’est pas négatif.

La poursuite des luttes de la jeunesse à différents niveaux nous rappelle que cela vaut la peine de continuer à se battre. Les luttes puissantes et massives des étudiants pour le droit à l’accès à l’éducation, pour la paix et pour d’autres demandes ont été une partie importante du mouvement de jeunesse, de la croissance de son activité et de son impact dans les différents pays.

L’incorporation de plus en plus de jeunes travailleurs dans les luttes développées par le mouvement ouvrier a été un élément essentiel du renforcement de la lutte contre le chômage, la précarité, contre l’absence de conditions de travail décentes, contre les salaires insuffisants et d’autres exigences actuelles. Par ailleurs, l’engagement des jeunes dans de nouvelles expressions de lutte, de façon isolée ou dans le cadre du mouvement général, pour la paix, les services publics, le logement, la défense de l’environnement, le droit à la santé, etc., n’a cessé de croître et représente un développement positif de ces quatre dernières années.

Dans ce contexte, dans le monde entier notamment en Europe, plusieurs mouvements de protestation « spontanée » ont vu le jour dans de nombreux cas, menés et composés essentiellement par des jeunes. Ces mouvements, qui prétendent être « apolitique », ont pris de l’ampleur dans différents pays et, dans de nombreux cas, reprennent les revendications du mouvement des travailleurs et des partis politiques progressistes. Cependant, la couverture médiatique intense qui est donnée à ces mouvements constitue une tentative pour les dévier de leurs préoccupations réelles et justes (chômage, précarité, bas salaires) en les caractérisant non pas comme des formes de protestation qui s’ajoutent aux demandes et structures progressistes déjà existantes (dont ils font partie), mais comme de « nouvelles » formes d’organisations qui font concurrence à celles qui ont toujours lutté pour les mêmes objectifs. Cette déviation constitue une partie de la stratégie de l’impérialisme et des classes dominantes pour piéger les peuples et les jeunes dans la lutte « anti-partis politiques » et « antisyndicalisme de classe », afin d’entraîner la confusion, les amenant à penser que toutes les forces et organisations sont les mêmes, maintenant ainsi le mécontentement des couches isolées et les empêchant de se rassembler et de s’organiser en collaboration avec leurs alliés afin de marcher avec succès vers l’accomplissement de leurs objectifs, qui peut uniquement être atteint par le renversement de l’impérialisme et de ses alliés dans chacun des pays.

Cette victoire contre l’impérialisme et le dépassement de la crise sera une réalité quand les peuples, les travailleurs et les jeunes seront capables de briser les chaînes de la domination qu’ils subissent. Pour ce faire, il est nécessaire de renforcer de plus en plus la lutte quotidienne, dans chaque lieu de travail et chaque école, pour répondre à toutes les revendications et besoins, à partir des plus petits jusqu’à ceux à grande échelle, afin que, par ces luttes et ces victoires atteintes, les peuples se rendent compte qu’il ne dépend que d’eux et de leur capacité à lutter d’une manière organisée pour obtenir la victoire finale contre l’impérialisme !

Traduction : Charlotte

 

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Published by MJCF du Pas-de-Calais - dans Solidarité internationale
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