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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 00:34

 un excellent article de nos camarades jeunes communistes du 92 :

Les dernières semaines furent marquées par une campagne médiatique haineuse contre les travailleurs portuaires de Marseille et la CGT. Mais ni le Figaro, ni la Cour des comptes n'ont fait plier les dockers et les agents du port, qui ont partiellement gagné, maintenant une retraite à 60 ans. Aujourd'hui, c'est au tour des postiers d'arracher une victoire à leur direction après 139 jours de grève, toujours à Marseille (lire l'Humanité d'aujourd'hui).

C'est pourtant un autre évènement concernant la principale centrale synidcale qui fit le tour des radios. Fabien Engelmann, secrétaire CGT des agents territoriaux de Nilvange, en Moselle, a été exclu pour s'être présenté aux cantonales sur la liste du Front national. Les adhérents territoriaux de Nilvange l'ayant appuyé, la commission exécutive fédérale a suspendu l'adhésion de ce syndicat à la CGT. Contestant son exclusion, Engelmann a déclaré "je suis un esprit libre et considère qu'on ne doit pas mélanger le syndicalisme avec la politique partisane. La CGT n'appartient plus au PCF depuis 1989, que je sache. Et puis, si vous saviez le nombre d'adhérents de la CGT qui sont au Front national ou qui votent pour..."

Ni en 1989, ni avant, la CGT n'a "appartenu" au PCF, qui a toujours respecté le principe d'indépendance entre les organisations syndicales et politiques. Q'un grand nombre de militants syndicalistes soient ou aient été communistes, c'est évident, et nous encourageons les autres à le devenir. Les deux organisations ont mené (et mènent toujours) de nombreuses batailles côte à côte contre l'exploitation et l'impérialisme. En revanche, les idées du FN rentrent profondément en contradiction avec celles d'un syndicat défendant les travailleurs.

Tout d'abord, par sa haine du syndicalisme de lutte. Le programme du Front, disponible sur son site internet, prévoit de "réglementer le droit de grève afin d’assurer un service minimum dans les services publics", fustigeant "le dogme égalitariste issu de mai 68". Dans les conseils d'administration des universités, il pense supprimer les "représentations injustifiées (syndicats d’étudiants, personnel administratif, etc.) ", et "bannir la politisation". Ses dirigeants n'hésitent pas à accuser la CGT de "sabotage de l'économie française" . L'objectif est clair : "libérer la France des syndicats dits représentatifs", et créer des "organisations professionnelles par branche" réunissant patrons et salariés, en bref, des corporations comme en ont créé Pétain ou Mussolini.


La démagogie du FN et ses déclarations contre les "patrons voyoux" semblables à celles de Sarkozy ne peuvent pas faire illusion. Son programme est une destruction méthodique des droits des travailleurs, par la "simplification du code du travail", au profit du patronat. Tout y est : la suppression de l'impôt sur le revenu, sur la fortune et sur les entreprises, des droits de succession, l'augmentation de la "fléxibilité du travail" par la remise en cause des 35 heures, les licenciements massifs dans la fonction publique.

Pourtant, selon le FN, ce sont les organisations syndicales et de gauche qui servent le patronat, par leur "mondialisme" et leur "encouragement de l'immigration". La haine des immigrés, jugés responsables de tous les maux, fait partie du fond de commerce de l'extrême-droite depuis toujours. Le fait que les entreprises aient recours à une main d'oeuvre étrangère, notamment clandestine, pour augmenter la concurrence sur le marché du travail n'est pas un mystère.

Mais refuser la régularisation des travailleurs sans-papiers, pour laquelle se battent les communistes et syndicalistes, ne fait qu'augmenter cette pression sur les salaires et les conditions de travail pour l'ensemble des salariés. Chacune de leur victoire, comme récemment à l'usine Benoist à Auvers-sur-Oise, fait progresser l'ensemble de la classe ouvrière. Les délires racistes du FN, à la tête duquel on compte de nombreux patrons, n'ont qu'un seul objectif : masquer les conflits de classe.

Hélas, ce discours touche de nombreux travailleurs, particulièrement dans les régions du Nord et du Sud-Est, qui souffrent de la désindustrialisation. Face à des institutions européennes au service du Capital,  et à des dirigeants politiques, Sarkozy, Bayrou ou Strauss-Kahn, qui semblent d'accord sur tout, le FN se prétend "le nouveau parti du peuple". Il est copieusement aidé par les médias, qui lui font une large publicité en lui attribuant le rôle de contestataire en chef. Pour ces apôtres de l'ordre capitaliste, extrême-droite et progressistes ne sont pas bien différents, à ranger dans la même case des "populistes". Le dessinateur Plantu, pétri d'un mépris de classe délirant, l'a parfaitement illustré récemment en représentant Jean-Luc Mélechon et Marine le Pen lisant un même discours intitulé "tous pourris".

Mais le FN, qui vote systématique dans le Nord-Pas de Calais contre les aides aux familles pauvres et la sauvegarde des hopitaux, n'a rien d'un parti "social". Il n'est pas non plus un parti "rénové" (pourquoi pas prêt à prendre sa place au gouvernement, comme en Italie), bien que Marine Le Pen n'ait pas été condamnée comme son père vingt-cinq fois pour violences, ou négation de crimes de guerre. Il s'agit et s'agira toujours d'une organisation raciste, anti-populaire et fascisante.

 

Le combat contre l'OTAN, les bas salaires et le chômage ne passe pas par la démagogie xénophobe de Marine Le Pen !

Il passe par la lutte de classes et la construction du socialisme !

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Published by MJCF du Pas-de-Calais - dans Politique du MJCF62
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