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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 16:12

Il est né d'un divorce dans la nuit du 29 au 30 décembre 1920. Un divorce entre

 

membres de la Section française de l'Internationale Ouvrière qui au terme de cinq jours de congrès à Tours, aboutit à la création de la Section Française de l'Internationale Communiste, appelée plus tard Parti communiste. Révolutionnaire, ce mouvement souhaite alors s'aligner sur la politique de Lénine à Moscou. Cette scission va bien sûr avoir des répercussions dans le bassin minier, ancré à gauche depuis 1891, avec l'élection des députés Émile Basly à Lens et Arthur Lamendin à Liévin. Les rivalités entre élus socialistes et communistes vont se multiplier. Pour revenir sur cet anniversaire, interview croisée de deux militants communistes : Gilbert Rolos, ancien maire de Sallaumines et l'Avionnais Simon Poudroux, 21 ans, secrétaire départemental des Jeunes Communistes.

- Quelle est l'origine de votre engagement ?

Gilbert Rolos : « Je suis d'origine ouvrière, né dans les corons d'une famille il est vrai plutôt socialiste. Nommé instituteur à Sallaumines, Jules Tell et Michel Nonon me proposent de les rejoindre dans l'équipe municipale alors même que je n'avais pas ma carte au parti. On m'avait toujours présenté les communistes comme le couteau entre les dents et à ma grande surprise, je découvre des gens ouverts, pas du tout dictateurs. J'ai ensuite adhéré en 1965, lors des élections municipales. »

Simon Poudroux : « C'était en 2006, lors de la mobilisation contre le CPE (contrat première embauche) au lycée Picasso d'Avion. Après cette victoire, et surtout après cette lutte, on s'est retrouvé avec plusieurs lycéens pour donner suite à notre engagement. Nous avons choisi de recréer une section des Jeunes Communistes (JC). Il n'y en avait plus dans le département, aujourd'hui nous sommes 50 répartis dans quatre cercles. Lors de la lutte contre le CPE, nous avions eu le soutien d'élus communistes locaux. Après des discussions sur plusieurs sujets, on s'est senti proche d'eux, de cette volonté de mettre l'humain au centre de la société. Et puis, je suis né dans une famille plutôt populaire, qui a des valeurs de gauche. » - Votre meilleur souvenir de militant ?

G.R. : « Ce sont les grèves de 1968, auxquelles je participais à la fois comme instituteur et comme secrétaire de la section communiste.

J'étais chargé de convaincre les mineurs de rejoindre le mouvement, j'y parvins puisque les fosses 5 de Sallaumines et 3 de Méricourt furent bloquées. J'ai surtout été marqué par la formidable solidarité de cet événement. »

S.P : « La création de la section JC reste un moment fort. La première réunion a rassemblé une quarantaine de jeunes, intéressés par la politique, contrairement à l'idée que certains veulent faire passer. Je me souviens aussi de belles rencontres lors des trois semaines passées à Cuba pour la conférence de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique. » - Comment décririez-vous les liens d'hier et d'aujourd'hui entre le Parti communiste et le bassin minier ?

G.R. : « Ils sont pour ainsi dire naturels, le bassin minier a longtemps été une terre ouvrière et le meilleur défenseur de cette classe - encore aujourd'hui - reste le Parti communiste. Même s'il est en baisse du fait de la disparition des mineurs, il résiste mieux ici que dans d'autres régions de France car certains continuent de lutter. Ce qui est regrettable, c'est que les révolutionnaires ont laissé la place à des révoltés, qui se jettent dans les bras d'un parti antidémocratique comme le Front national. »

S. P. : « L'histoire ouvrière du territoire et le fait que le PCF a été de toutes les luttes pour défendre la condition ouvrière ont forcément pesé. Aujourd'hui, il a gardé le contact avec la réalité ouvrière. Il y a un travail de proximité sur le terrain qui fait que le PC reste ici une force politique et de propositions. Quand on voit les résultats aux élections locales, on s'aperçoit bien qu'il a encore tout lieu d'être, même si au niveau national, on annonce depuis quelques années son déclin, voire sa mort... » - Comment voyez-vous l'avenir de votre parti ? Celui-ci est-il dans le Front de gauche ?

G.R. : « Le parti communiste ne peut plus mener seul d'action déterminante pour le sort du pays, il faut donc un rassemblement de toutes les forces anticapitalistes, ce qui veut dire bien sûr, avec le Parti de gauche mais pas seulement. Je ne suis pas inquiet quant à une dissolution du Parti communiste dans ce courant, Jean-Luc Mélenchon n'est rien du tout sans les électeurs communistes. »

 S.P. : « Je suis plutôt rassembleur, donc oui au Front de gauche, à condition que le PC garde son identité qu'il puisse exister dedans et en dehors. Seul, le parti pourrait survivre. Avec un rassemblement de toutes les forces de gauche, il pourrait faire mieux. que ça. L'avenir s'annonce difficile mais il y a de l'espoir, par exemple par rapport à la mobilisation pour les retraites. Elle a montré que des millions de Français étaient attachés aux conquêtes sociales pour lesquelles le parti, notamment, s'est battu et se bat encore. »

 

• RECUEILLI PAR MARIE LAGEDAMON ET ÉDOUARD WAYOLLE PHOTO ARCHIVES D. PINEAU ET « LA VOIX »

 

Source : La voix du Nord - Edition Lens

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Published by MJCF du Pas-de-Calais - dans Politique du MJCF62
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