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Conférence sur le capitalisme : intervention d’Yves Dimicoli

Mardi 22 décembre, les jeunes communistes du Pas-de-Calais ont assisté à une formation sur le capitalisme présentée par Yves Dimicoli, membre de la commission économie-social-finance au Conseil National du PCF et ancien chercheur au CNRS.

Le sujet était présenté en deux parties. D’une part, qu’est-ce que le capitalisme ? (Ses fondamentaux, la rentabilité et la productivité). Et d’autre part, quels sont les stades du capitalisme ? (Les stades historiques, le capitalisme hyper libéral et les défis auxquels il est confronté).

Depuis juillet 2007 mais surtout depuis l’automne 2009, le monde connait la crise financière la plus grave depuis la seconde guerre mondiale qui s’est prolongée par une récession au niveau mondial. C’est également l’exacerbation d’une « crise systémique », c’est-à-dire que tout un système est en crise car il s’agit non seulement d’une crise économique mais également sociale, écologique, démographique (hausse de l’espérance de vie mais baisse de la natalité) et parentale (difficultés dans les relations parents-enfants). D’où la nécessité de construire un autre système.

 

I] Qu’est-ce que le capitalisme ?

  1. Les fondamentaux

Le capitalisme n’est pas seulement un système économique mais c’est aussi une façon d’utiliser les technologies pour produire les richesses. Historiquement, il a apporté des bouleversements dans la civilisation qui n’aurait pu se faire sous le régime féodal du Moyen-Age. Mais comment caractériser le capitalisme ? Contrairement à ce que l’on pense couramment, le capitalisme ne se caractérise pas uniquement par la propriété privée des moyens de productions (car l’esclavagisme est également une forme de propriété), mais c’est aussi le pouvoir établi sur l’argent et la monnaie pour gagner en productivité par la surexploitation des travailleurs. Le capitalisme c’est donc le fait d’investir de l’argent pour en gagner. Pour Marx, le capitaliste investit de l’argent qu’il appellera A. Cet argent A sert à acheter des marchandises M divisées en Force de travail et en Moyens de productions. Grâce à cette marchandise, une autre marchandise cette fois-ci M’ est produite et sera revendu plus cher, ce qui rapporte un nouvel argent A’. La différence entre A’ et A s’appelle la plus-value. Le changement de valeur ne peut provenir que d’une marchandise particulière qui est la force de travail car c’est dans la production de richesses que se crée la valeur et non dans l’échange. L’argent ne sert donc qu’à produire des richesses que par le travail en exploitant la force de travail.

Cette force de travail possède deux valeurs : - La valeur d’usage : pour pouvoir être échangée, la marchandise doit être d’une utilité. Elle ne se réalise que dans la consommation ou l’usage. - La valeur : tout marchandise contient une valeur qui lui est propre. La substance de cette valeur c’est le travail, le produit du travail humain.

Le but du capitaliste, c’est de réaliser la valeur d’une marchandise par l’échange. Il ne produit pas pour satisfaire ses besoins, mais pour satisfaire les besoins de l’échange. Il doit trouver quelqu’un qui a besoin de sa marchandise pour satisfaire la valeur de celle-ci.

La force de travail possède donc une valeur et une valeur d’usage. Sa valeur se mesure en temps de travail socialement nécessaire (TTSN). La valeur utile du travail consiste à ce que le patron achète l’usage de la force de travail et il paye le travailleur moins cher que ce qu’il lui rapporte, c’est la plus-value. En résumé, sur une journée de huit heures de travail, le travailleur pendant quatre heures produira la valeur égale à son salaire, c’est-à-dire la valeur lui servant à renouveler sa force de travail (le temps de travail socialement nécessaire). Les quatre heures restantes constituent la plus-value ou le surtravail qui reviennent au capitaliste.  « La plus-value ne provient que de la durée prolongée du travail. » (Karl Marx, Le Capital, Livre I, Section III, Chapitre VII.) C’est pour cela que le seul moyen d’augmenter la plus-value c’est d’augmenter le temps de travail, la lutte pour augmenter ou diminuer le temps de travail existera toujours entre les travailleurs et les bourgeois tant que le capitalisme existera.

  1. La rentabilité

Le capitalisme ne se limite pas à l’exploitation, c’est surtout la recherche de la rentabilité et pour cela le capitaliste exploite le travailleur. Ce qu’il faut comprendre dans le capitalisme c’est l’accumulation des profits mais aussi du capital. En effet, plus on accumule de capital plus on exige des profits. Ces profits utilisés sont utilisés pour accumuler du capital et exige donc des profits… Et ainsi de suite. On appelle cela la « marche du capitalisme ». Le profit et le capital ne vont pas l’un sans l’autre. Comme le capitaliste exploite le travailleur pour rechercher la rentabilité, cette marche (où course) qui génère le stress sociétal et qui augmente l’exploitation des travailleurs et donc par conséquent, le suicide au travail car la suraccumulation des capitaux entraine la surexploitation des salariés. Il existe un autre phénomène de rentabilité, il s’agit de « l’effet de levier » ou « levier de l’endettement » qui consiste à ce qu’un capitaliste demande un crédit dans une banque et si le taux de crédit est moins important que le taux de rentabilité, le capitaliste gagnera plus d’argent. Exemple : un capitaliste possède un capital (que l’on appelera K) de 1000 à 10% ce qui lui rapporte au bout d’un mois un capital de 1100 (K+100). Le capitaliste souhaiterait gagner plus, il va donc faire appel au crédit (que l’on appelera C), un crédit de 2000 par exemple avec un taux de placement de 10%. Comme 10% de 2000 est égal à 200 et que 10% de 1000 est égal à 100, le capitaliste grâce au crédit acquiert un capital de 1300 (K+300). La seule question que se pose les capitalistes c’est « qu’est-ce que cela va me rapporter ? ». Pour que le travail leur soit plus rentable, ils vont utiliser ce qu’on appelle le travail vivant (les travailleurs) et le travail mort ou capital fixe (machines, bâtiments, etc…). Mais quand le capital accumulé est supérieur aux capacités de les utiliser cela crée une surraccumulation qui conduit à des destructions de capital (c’est ce qui provoque des crises). Mais il existe aussi les dévalorisations structurelles où, comme à la Libération, les grandes entreprises ont été nationalisées ainsi le taux de profit des capitaux devient nul ou négatif puisqu’il devient public.

 

  1. La productivité

Le capitalisme est une façon de gagner en productivité. En soit, elle n’est pas dérangeante mais comment produire et pourquoi ?

Gagner en productivité signifie produire autant en moins de temps de travail possible. Ainsi la machine a permit de remplacer la main de l’ouvrier au profit de gains de productivités énormes. Ce changement c’est produit à tout les stades de la production, c’est la révolution industrielle.

Le capitalisme a toujours cherché à remplacer le travail vivant par le travail mort, c’est-à-dire remplacer le travailleur par des machines. Les dépenses pour le travail mort augmentent donc pour économiser toujours plus d’argents au détriment du travail vivant.

Le travail mort se calcul en fonction de la valeur ajoutée divisée par les équipements tandis que le travail vivant se calcul en fonction de la valeur ajoutée divisée par le nombre de salarié.

Considérons maintenant un capitaliste (qui représente donc le capitalisme) avec une jambe plus courte que l’autre. Sa jambe la plus longue est le travail vivant et sa jambe la plus courte est le travail mort. Comme une des jambes du capitalisme est plus grande que l’autre, il chute : ce sont les crises. Mais il se redresse en dévalorisant son capital. Ainsi, il y a un mouvement qui s’accomplit, le travail mort prend de plus en plus de place et se traduit par une surexploitation des travailleurs. Comme le capitalisme ne nie pas le développement technique mais le pousse et l’exploite, il se produit une explosion qui provient de la surexploitation des travailleurs et d’une surraccumulation des capitaux. Suite à cela, il existe deux corrections possibles des crises du capitalisme. Première correction : Les capitalistes appellent à de nouvelles technologies ce qui freine l’investissement d’ensemble mais crée un chomage de masse. Ainsi, ceux qui gardent leur travail sont exposées à un stress plus grand donc à une élévation de l’exploitation car la menace du chomage pèse sur eux. Les conditions de travail se dégrandent ainsi de plus en plus car on impose désormais un recul de droit nottament aux jeunes, aux immigrés, aux femmes et aux séniors en leur faisant accepter n’importe quoi . Deuxième correction : La levée des luttes contre l’exploitation qui oblige une correction d’ensemble. Il faut qu’il y ait une exigence à ce que les nouvelles technologies servent à créer des emplois et non à les détruire. De plus, la contestation doit être accompagnée d’un vaste projet, d’une transformation systémique ce qui causera des dévalorisations structurelles.

 

II] Les stades du capitalisme

  1. Les stades historiques du capitalisme

Le capitalisme évolue par rapport à ses crises et se change à travers celles-ci mais reste fondamentalement le même comme le serpent qui mue mais qui reste le même. Le capitalisme c’est donc la crise, c’est pour cela que le seul moyen d’en sortir n’est pas de le reformer mais de le renverser. Son but restera toujours la recherche de la plus-value.

Le capitalisme se compose donc historiquement en trois stades : - Premier stade : le capitalisme manufacturier (production à la main) du XVIème au XVIIIème siècle. - Deuxième stade : le capitalisme de libre concurrence qui est apparu avec la révolution industrielle du XVIIIème au XIXème siècle avec l’apparation de la machine-outil où l’on a commencé à remplacer la main de l’ouvrier par la machine (exemple : la machine à vapeur). - Troisième stade : Le capitalisme monopoliste qui se caractérise en quatres points :

. L’existence d’entreprises monopolistes avec autour des entreprises non monopolistes (sous traitants) qui dépendent de ces premières et qui auront et un taux de profits moins importants. . La transformation technologiques d’ensemble avec l’accroissement des machines semi-automatiques et des laboratoires. . Le capital financier avec l’interpénétration entre capital bancaire et industriel ce qui crée des groupes financiers où le capitalisme peut utiliser du capital qui n’est pas à lui et qu’il a emprunté grâce au prêt bancaire. . L’impérialisme : exportation des capitaux des pays dominants vers les pays dominés par exemple les colonies.

Enfin, nous sommes passés au CMES (Capitalisme Monopoliste d’Etat Social) depuis la dernière guerre. La grande conquête de la Libération c’est les services publics nottament la sécurité sociale qui est une véritable conquête sur le capitalisme où l’on paye en fonction de ses moyens et l’on reçoit en fonction de ses besoins.

  1. Le capitalisme hyper-libéral

Le capitalisme hyper-libéral est lourd de conséquence sur la société mondiale. En effet, on compte un milliard de précaires dans le monde sur trois milliards d’actifs. En 2009 la chômage a explosé avec cinquante millions de chômeurs supplémentaires. Il y a aussi la montée massive des dépenses publiques car la population se bat pour une santé, une éducation… pour tous et que la société change avec le vieillissement.

Partage de la valeur ajoutée : La valeur ajoutée c’est le chiffre d’affaire moins les matières premières. On part de la valeur ajoutée produite qui se divise en profits, en salaires et en prélèvements obligatoires. Puis arrive une redistribution secondaire nottament pour les profits. Ils servent pour une première partie à l’investissement, une deuxième partie sert à payer les prélèvements financiers (les charges financières payées aux banques) et une troisième partie est versée dans les dividendes payés aux actionnaires. Aujourd’hui la lutte des classes ce n’est plus seulement la lutte entre le salaire et le capital mais c’est également la lutte entre les prélèvements publics et sociaux qui servent à la création des services publics et les prélèvements privés et financiers.

  1. Les défis auxquels est confronté le capitalisme

Le capitalisme ne peut assumer les défis et il est confronté à 3 révolutions :

  • La révolution informationnelle : Aujourd’hui, des centaines de millions d’humains exigent d’accéder au confort des sociétés occidentales, en accédant aux nouvelles technologies. Ce qui crée de millions d’emplois supplémentaires et provoque une crise mondiale immense car désormais ce n’est plus le travail de la main de l’homme mais le travail intellectuel de celui-ci qui est remplacé par des machines. Cette révolution pousse l’exigence d’en finir avec la logique des marchés. Il va falloir désormais développer les technologies pour réduire le temps de travail et développer la formation pour pouvoir les maitriser. Ces nouveaux éléments sont systématiquements réprimés par le pouvoir en place qui s’en méfie et souffre de contradictions. Il y a une tendance à l’insuffisance de la demande car les gains de productivités ne sont pas accompagnés d’un progrès et ça crée des débouchés virtuels tels que les crédits à risque, les sub-primes…

  • La révolution monétaire : Obligation d’accepter du papier au détriment de l’or.

  • La révolution écologique :

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