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                                   I : Les interventions de l'ONU

 

            1 : La Namibie et l'Angola (Avril 1989-Mars 1990)

 

            Cette opération était basée en Namibie : elle était composée de 4.500 militaires, 1.500 policiers et 2.000 civils. Elle visait à aider le Représentant spécial du Secrétaire général à assurer rapidement l'accession de la Namibie à l'indépendance par l'organisation d'élections libres et régulières sous la surveillance et le contrôle des Nations Unies. Le GANUPT avait également pour objectif d'aider le Représentant spécial à garantir : la cessation de tous les actes d'agression; le cantonnement des troupes et, dans le cas des troupes d'Afrique du Sud, leur retrait de Namibie; l'abrogation de toutes les lois discriminatoires; la libération des prisonniers politiques; l'autorisation du retour des réfugiés namibiens; la prévention de toute intimidation et le rétablissement de l'ordre public sans parti pris.

 

            2 : La Somalie (Avril 1992-Mars 1993 puis Mars 1993-Mars 1995)

 

            Cette mission, dans sa première version, est composée de 3.500 soldats, cela passera à 28.000 militaires et policiers dans la seconde version. La première mission visait à surveiller le respect du cessez-le-feu à Mogadishu, capitale de la Somalie, assurer la protection du personnel, des installations et du matériel de l'ONU dans les ports et aéroports à Mogadishu et escorter l'acheminement de l'aide humanitaire jusqu'aux centres de distribution de la capitale et de ses environs immédiats. En août 1992, le mandat et l'effectif d'ONUSOM I ont été élargis de manière à lui permettre de protéger les convois humanitaires et les centres de distribution dans l'ensemble de la Somalie. En décembre 1992, après une nouvelle détérioration de la situation, le Conseil de Sécurité a autorisé les États Membres à créer la Force d'intervention unifiée afin de garantir un environnement sûr pour l'acheminement de l'assistance humanitaire. La Force a travaillé en coordination avec ONUSOM I pour assurer la sécurité des principales zones habitées et faire en sorte que l'aide humanitaire soit acheminée et distribuée. La seconde mission a repris les activités de la Force d'intervention unifiée, force multinationale organisée et dirigée par les États-Unis qui, en décembre 1992, avait été autorisée à employer "tous les moyens nécessaires" pour restaurer des conditions de sécurité pour les opérations de secours humanitaire en Somalie. Le mandat d'ONUSOM II consistait à prendre les dispositions appropriées, y compris des mesures de coercition, pour instaurer dans toute la Somalie des conditions de sécurité pour les opérations de secours humanitaire. A cette fin, ONUSOM II s' est efforcée de terminer, grâce au désarmement et à la réconciliation, la tâche commencée par la Force d'intervention unifiée en vue du rétablissement de la paix, de la stabilité et de l'ordre public. Elle était chargée notamment de contrôler la cessation des hostilités, de prévenir la reprise de la violence, de saisir les armes de petit calibre non autorisées, d'assurer la sécurité dans les ports, aéroports et sur les voies de communication nécessaires pour l'acheminement de l'assistance humanitaire, de poursuivre le déminage et de faciliter le rapatriement des réfugiés en Somalie. ONUSOM II a également été chargée d'aider le peuple somalien à reconstruire l'économie et la vie sociale du pays, à remettre en état les structures institutionnelles, à assurer la réconciliation politique nationale, à reconstituer un État somalien fondé sur un régime démocratique et à réorganiser l'économie et l'infrastructure du pays. En février 1994, après plusieurs incidents violents et agressions contre des soldats des Nations Unies, le Conseil de sécurité a révisé le mandat d'ONUSOM II pour exclure l'utilisation de méthodes de coercition. ONUSOM II s'est retirée au début du mois de mars 1995.

 

            3 : Le Mozambique (Décembre 1992-Décembre 1994)

 

            Cette mission était composée de 6 625 militaires et personnel d'appui, 354 observateurs militaires et 1 144 policiers civils; 355 membres du personnel international et 506 agents locaux; par ailleurs, pendant le scrutin, l'ONUMOZ a déployé environ 900 observateurs électoraux. Elle a été créée pour faciliter l'application de l'Accord général de paix signé le 4 octobre 1992 à Rome par le Président de la République du Mozambique et le Président de la Resistência Nacional Moçambicana (RENAMO). Le mandat de l'ONUMOZ était de faciliter de manière impartiale l'application de l'Accord, de surveiller et vérifier l'application du cessez-le-feu, la séparation, le rassemblement et la démobilisation des forces, ainsi que le rassemblement, l'entreposage et la destruction des armes; de surveiller et vérifier le retrait complet des forces étrangères et d'assurer la sécurité des couloirs pour les transports; d'autoriser des arrangements de sécurité concernant les infrastructures essentielles et d'assurer la sécurité voulue pour l'action de l'ONU et autres organisations internationales visant à appuyer le processus de paix; de fournir une assistance technique et surveiller l'ensemble du processus électoral; de coordonner et surveiller toutes les opérations d'aide humanitaire, notamment celles qui se rapportent aux réfugiés, aux personnes déplacées à l'intérieur du pays, aux militaires démobilisés et à la population locale touchée. Après la tenue d'élections présidentielles et législatives en octobre 1994 et l'entrée en fonctions du nouveau Parlement du Mozambique et du Président du Mozambique au début du mois de décembre, le mandat de l'ONUMOZ a officiellement pris fin le 9 décembre 1994 à minuit. La Mission a été officiellement liquidée à la fin du mois de janvier 1995

 

            4 : Le Rwanda (Octobre 1993- Mars 1996)

 

            Cette mission était composée d'environ 5 500 militaires, dont environ 5 200 hommes et personnel d'appui et 320 observateurs militaires, et 120 policiers civils. Des civils recrutés sur le plan international et local étaient également prévus. Elle a été créée à l'origine pour aider à appliquer l'Accord de paix d'Arusha signé par les parties rwandaises le 4 août 1993. Le mandat initial de la MINUAR était de contribuer à assurer la sécurité de la ville de Kigali; superviser l'accord de cessez-le-feu appelant à la délimitation d'une nouvelle zone démilitarisée ainsi qu'à la définition d'autres procédures de démobilisation; superviser les conditions de la sécurité générale pendant la période terminale du mandat du gouvernement de transition jusqu'aux élections; participer au déminage; et aider à coordonner les activités d'aide humanitaire liées aux opérations de secours. Après la reprise des combats en 1994 et suite à la décision belge de retirer ses troupes après la mort de dix de ses soldats, la MINUAR perd 90% de ses effectifs. Mais son mandat a été modifié de manière qu'elle puisse agir comme intermédiaire entre les parties rwandaises pour essayer d'obtenir leur accord à un cessez-le-feu; faciliter la reprise des opérations de secours humanitaire dans la mesure du possible; et suivre l'évolution de la situation au Rwanda, y compris en ce qui concernait la sécurité des civils qui avaient cherché refuge auprès de la MINUAR. Mais avec les pertes d’effectifs, cette mission n’était plus possible, l’ONU a donc laissé la France intervenir, avant de revoir une nouvelle fois le mandat de la MINUAR, qui a été élargi pour lui permettre de contribuer à la sécurité et à la protection des personnes déplacées, des réfugiés et des civils en danger, y compris par la création et le maintien de zones humanitaires sûres, et d'assurer la sécurité et l'appui de la distribution des secours et des opérations d'assistance humanitaire. À la suite du cessez-le-feu et de l'entrée en fonctions du nouveau gouvernement, les responsabilités de la MINUAR ont encore été modifiées : garantir la stabilité et la sécurité dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest du Rwanda, stabiliser et contrôler la situation dans toutes les régions du Rwanda pour favoriser le retour des populations déplacées; assurer la sécurité et l'appui des opérations de secours à l'intérieur du Rwanda et promouvoir, par des bons offices et la médiation, la réconciliation nationale au Rwanda. La MINUAR a également contribué à assurer la sécurité du personnel du Tribunal international pour le Rwanda et des spécialistes des droits de l'Homme et a aidé à la mise en place et à l'instruction d'une nouvelle force de police nationale intégrée. En décembre 1995, le Conseil de sécurité a une nouvelle fois modifié le mandat de la MINUAR en mettant principalement l'accent sur la facilitation du rapatriement librement consenti des réfugiés, en toute sécurité. Le mandat de la MINUAR s'est terminé le 8 mars 1996 et son retrait s'est achevé en avril de la même année.

 

            5 : L'Angola (Février 1995-Juin 1997)

 

            Cette mission était composée de 4 220 hommes au total, dont 283 observateurs militaires, 3 649 militaires et 288 policiers civils. Elle a été mise en place pour aider le Gouvernement angolais et l'União Nacional para a Independência Total de Angola (UNITA) à rétablir la paix et à réaliser la réconciliation nationale sur la base des Accords de paix pour l'Angola, signés le 31 mai 1991, du Protocole de Lusaka signé le 20 novembre 1994 et des résolutions du Conseil de sécurité. Le mandat d'UNAVEM III comportait notamment les aspects suivants : fournir une médiation aux parties angolaises; contrôler et vérifier l'extension de l'administration publique à l'ensemble du pays et le processus de réconciliation nationale; superviser, contrôler et vérifier le dégagement des forces et contrôler le cessez-le-feu; vérifier les informations reçues du gouvernement et de l'UNITA concernant leurs forces et tous les mouvements de troupes; faciliter la création de zones de cantonnement; vérifier le retrait, le cantonnement et la démobilisation des forces de l'UNITA; superviser le rassemblement et le stockage des armes de l'UNITA; vérifier le cantonnement des forces armées angolaises (FAA) et l'achèvement de la mise en place des FAA; vérifier la libre circulation des personnes et des marchandises; vérifier et contrôler la neutralité de la police nationale angolaise, le désarmement des civils, le cantonnement de la police de réaction rapide et les mesures de sécurité prises pour les chefs de l'UNITA; coordonner, faciliter et soutenir les activités humanitaires directement liées au processus de paix, et participer aux activités de déminage; déclarer officiellement que toutes les conditions essentielles pour la tenue du deuxième tour des élections présidentielles ont été réunies; et appuyer, vérifier et contrôler le processus électoral.

 

            6 : La République centrafricaine (Avril 1998-Février 2000)

 

            Les effectifs de cette mission sont montés jusqu'à 1 350 militaires. Elle visait à contribuer à maintenir et à renforcer la sécurité et la stabilité ainsi que la liberté de mouvement à Bangui et ses environs; aider les forces nationales de sécurité à maintenir l'ordre et à protéger les installations-clés à Bangui; superviser et contrôler le stockage de toutes les armes récupérées dans le cadre de l'opération de désarmement et en surveiller la destination finale; assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations Unies, ainsi que la sûreté et la sécurité des biens de l'Organisation des Nations Unies; apporter une aide, en coordination avec d'autres efforts internationaux, dans le cadre d'un programme de courte durée de formation d'instructeurs de police et d'autres efforts de renforcement des capacités de la police nationale, et fournir des conseils concernant la restructuration de la police nationale et des forces spéciales de sécurité; fournir des conseils et un appui technique aux organismes électoraux nationaux en ce qui concerne le code électoral et les moyens à mettre en œuvre pour organiser les élections législatives prévues pour août/septembre 1998.

 

 

                                   II : Les interventions de la France

 

            1 : Le Tchad (de 1986 à aujourd'hui)

 

Le dispositif Épervier  a été mis en place au Tchad en février 1986 afin « de contribuer au rétablissement de la paix et au maintien de l'intégrité territoriale du Tchad ». Mais cela se fait dans le cadre d'un soutien très actif depuis plus de 25 ans aux dictatures d'Hissen Habré puis à celle d'Idriss Déby. Les éléments français au Tchad (EFT) de la force EPERVIER assurent deux missions permanentes :

- ils garantissent la protection des intérêts français, et « tout particulièrement la sécurité des ressortissants français résidant au Tchad ».

-   conformément à l'accord de coopération technique signé entre la France et le Tchad ils apportent un soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport, formation) aux Forces armées et de sécurité (FADS) tchadiennes, ainsi qu'un appui de renseignements.

            Les EFT apportent par ailleurs un soutien au profit de certains contingents de la mission des Nations Unies en république centrafricaine et au Tchad (MINURCAT). Dans le cadre d'accords bilatéraux, ces contingents bénéficient de prestations au titre du soutien de l'homme (habillement, vivres, eau, campement), d'acheminement interne et externe et d'un accès au soutien santé du dispositif EPERVIER.

 

            2 : Le Gabon (Mai 1990)

 

            L'opération « Requin » au Gabon met en jeu quelque 2.000 soldats qui évacuent 1.800 ressortissants étrangers et apportent leur aide au régime d'Omar Bongo, confronté à des émeutes populaires à Libreville et à Port-Gentil.

 

            3 : Le Rwanda (1990-1993)

 

            La mission « Noroit » au Rwanda assure la protection du président Juvénal Habyarimana contre les rebelles du Front patriotique rwandais.

 

            4 : La République démocratique du Congo (1991)

 

            L'opération « Baumier » est composée d'un millier de soldats envoyés à Kinshasa, sous prétexte de protection des ressortissants européens, afin de sauver la dictature de Mobutu confrontée à des émeutes.

 

            5 : Djibouti (1992)

 

            L'opération « Iskoutir », sous prétexte d'opération humanitaire, sauve la dictature de Hassan Gouled Aptidon de la rébellion Afar.

 

            6 : La Somalie (1992-1994)

 

            L'opération « Oryx » en Somalie sera ensuite récupérée par le commandement américain sous le nom de « Restore Hope ».

 

            7 : Le Zaïre (1993)

 

            L'opération « Bajoyer » au Zaïre vise à évacuer des ressortissants français après des émeutes lancées par les militaires à Kinshasa, au cours desquels l’ambassadeur de France, Philippe Bernard, a été tué.

 

            8 : Le Rwanda (1994)

 

            L'opération « Amaryllis » au Rwanda vise à évacuer les ressortissants européens après la mort du président Habyarimana, que les opérations « Noroît », « Chimère » puis « Volcan » depuis 1990 avaient tenté de sauver. L'opération « Turquoise », obtenue de l'ONU au forceps (grâce à l’intervalle de temps entre MINUAR et MINUAR II) afin de légitimer l’intervention française, lui fait suite, cette fois-ci en plein cœur du génocide, impliquant 2.500 hommes au Zaïre et dans l’ouest du Rwanda, pour « protéger les populations civiles ». Elle établit une « zone humanitaire sécuritaire » dans le sud-ouest du Rwanda pour les réfugiés. En réalité, l'armée française, officieusement, contient la rébellion, sanctuarise les forces génocidaires avant de les exfiltrer vers le Zaïre. C’est ce qui explique que la zone protégée par l’opération Turquoise sera celle où les massacres dureront le plus longtemps, les Français ayant l’ordre, comme la MINUAR, de rester neutre entre les factions rwandaises. Le pouvoir rwandais et des civils anonymes, ainsi que des spécialistes ont depuis reproché aux militaires français d’avoir secouru des miliciens hutus responsables du génocide ou de leur avoir permis de fuir vers le Zaïre voisin, mais aussi d'avoir laissé se perpétrer des massacres dans des camps dont elle avait la garde. Pour toutes ces raisons, la France est accusée de complicité de génocide (plusieurs plaintes ont été déposées en France pour « viol » et « complicité de génocide » ou encore « crime contre l’humanité »). Plusieurs exemples documentés d’arrestation de responsables génocidaires importants qui ont été relâchés en attestent, ainsi que le fait que l’armée française avait localisé la radio Mille Collines, qui appelait aux massacres, mais ne l’a pas arrêtée.

 

            9 : Les Comores (1995)

 

            Les opérations « Azalée » I et II aux Comores visaient à neutraliser Bob Denard et ses mercenaires et, cependant, à ne pas faire échec au coup d'État contre le président Saïd Mohamed Djohar (renversé par Bob Dénard), puisque le pouvoir ne lui est pas rendu.

 

            10 : La République centrafricaine (1996-1998)

 

            Les opérations « Almandin » I et II, avec 2.300 hommes veulent neutraliser des mutineries de militaires et rétablir l’ordre à Bangui après l’assassinat de deux militaires français. Sous prétexte de protéger les ressortissants français, l'armée française sauve la dictature de Patassé de la mutinerie. Plusieurs dizaines de morts civils et militaires sont à mettre sur le compte de l’intervention française. De plus, la MISAB (Mission Interafricaine de Surveillance des Accords de Bangui) a été mise en place par la France, qui lui assure ensuite un soutien, notamment par le biais de la Marine nationale.

 

            11 : La République démocratique du Congo (1997-1998)

 

            L'opération « Malachite » en République démocratique du Congo évacue 2.500 étrangers de Kinshasa. Mais elle est aussi l'envoi secret de vrais et de faux mercenaires pour tenter de sauver le régime de Mobutu, celui-ci ayant pour la présence française en Afrique une véritable valeur stratégique. Ce qui ne réussira pas.

 

            12 : Le Congo-Brazzaville et le Congo (1997-1999)

 

            L'opération « Antilope » au Congo-Brazzaville évacue 6.500 étrangers de Brazzaville. Dans le même temps, l'opération « Pélican » et l'opération secrète « Hadès » au Congo, sous prétexte là également de protéger les ressortissants, visent à remettre le dictateur Denis Sassou N'Guesso au pouvoir. La France se rend alors complice de crimes contre l'humanité dans la guerre civile qui fait rage dans le pays, via de vrais-faux mercenaires qui participent à l'épuration ethnique et au bombardement des civils.

 

 

 

            13 : La Guinée-Bissau (1998-1999)

 

            L'opération « Iroko », sous prétexte encore une fois d'évacuer des ressortissants, prête main forte au dictateur déchu Nino Vieira. Le bataillon multinational africain ECOMOG (Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group, ou Brigade de surveillance du cessez-le-feu de la CEDEAO) déployé dans le cadre de la mission RECAMP (REnforcement des Capacités Africaines de Maintien de la Paix) a encore une fois été mis en place grâce à la France, qui lui assure un soutien, toujours via la Marine nationale. Elle avait auparavant contribué au regroupement des différents contingents à Dakar. Un bataillon de 600 hommes y avait perçu un complément d’équipement avant d’être embarqué à bord du TCD Siroco qui va le projeter à Bissau en deux rotations. Deux chalands de transport de matériel (CTM) et un engin de débarquement d’infanterie et de char (EDIC), assurent le déploiement de la force de paix ouest-africaine et de ses véhicules. Une fois déployé, le bataillon bénéficie du soutien logistique de la France qui fournit des véhicules et le carburant, les transmissions et un supplément de paquetage.

 

            14 : Djibouti (1999)

 

            La mission « Khor Anga » à Djibouti met en place une protection aérienne devant l’extension du conflit armé entre l'Éthiopie et l'Érythrée.


LES INTERVENTIONS DE LA FRANCE ET DE L’ONU EN AFRIQUE DANS LES ANNEES 2000

I : Les interventions de l’ONU

Soudan :

            Contexte : Les origines du conflit sont diverses, à l’indépendance, les terres fertiles sont distribués aux populations sédentaires plutôt qu’aux populations nomades, le pays connait un coup d’état de Omar Al Bachir en 1989 soutenue par les islamistes. La mauvaise gestion du pays, corrélé à une dichotomie identitaire (le pays est dirigé par des « arabes » minoritaires alors que la majorité du pays est « noire africaine ») pousse certaines tribus à entrer en rébellion. Dans un climat de tensions entre le nord et le sud (les mouvements de libérations qui réclament l’indépendance du Sud Soudan existent depuis longtemps, le sud est animiste alors que le nord est musulman et applique la charia), en 2003, une guerre éclate entre rebelles originaire du Darfour (il faut noter qu’il existe des différences entre les rebelles, ils sont réunis sous différents groupes souvent rattachés à une tribu, ceux-ci ont également connus des conflits inter-rebelles) et des miliciens pro-gouvernementaux appelés janjawids appuiés par l’armée de Khartoum. Deux millions de personnes quittent le Darfour (notamment pour le Tchad voisin), le conflit aurait fait 400 000 morts à cause de la violence d’un coté (exactions et massacres des janjawids, bombardement des villages du Darfour par les militaires soudanais) et à cause du non acheminement de l’aide internationale de l’autre. Les enjeux sont nombreux, le Nord perdant de plus en plus de pouvoir au profit d’un Sud, nouvellement autonome, qui détient la plupart des réserves pétrolières du Soudan. De plus, l’élite arabe de Khartoum a peur de voir s’allier les rebelles du Darfour a un Sud soutenu par l’occident, c’est pourquoi, il fallait mater le Darfour par tous les moyens nécessaires.

            Mission : Il y actuellement deux missions de l’ONU au Soudan. « Une opération hybride conjointe entre l’Union Africaine et les Nations Unies a été autorisée par la résolution 1769 du Conseil de sécurité du 31 juillet 2007. Le Conseil, agissant sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, a autorisé la MINUAD à prendre toutes les mesures requises pour faciliter la mise en œuvre de l’Accord de paix pour le Darfour, ainsi que pour protéger son personnel et les civils, sans préjudice de la responsabilité du Gouvernement soudanais. » (site de la mission MINUAD). La mission a été un échec cuisant, les soldats sont au nombre de 7000 mais n’ont aucun pouvoir pour arrêter les conflits, seulement de « négocier » ainsi que de dénombrer les massacres. La seconde mission des nations unis au Soudan (MINUS) a pour but de soutenir l’application de l’accord de paix entre le Nord et le Sud depuis janvier 2005 et donc cette mission est aujourd’hui au cœur du processus de création de l’Etat du Sud Soudan.  

Cote d’Ivoire :

            Contexte et mission : En 2002, une guerre civile éclate en Cote d’Ivoire. En effet, Gbagbo ayant remporté les élections en 2000 et étant plus proche des populations du sud du pays (à majorité chrétienne, la région sud du pays est historiquement plus riche économiquement et fut favorisé par l’empire coloniale français), dans un contexte de xénophobie exacerbé (concept d’ivoirité) envers les populations du nord (à majorité musulmane), des armées rebelles se soulèvent dans le nord. Le ministre de l’intérieur est assassiné, l’armée française met alors en place la force Licorne (voir ci-après). L’avancement des forces rebelles va rapidement puisque ils contrôlent sept départements (60% du territoire) depuis 2002. A l’initiative de la France, le 26 janvier 2003, les différents partis sont réunis pour trouver une solution aux conflits, les accords de Marcoussis sont signés le pouvoir est alors partagé entre Gbagbo et les autres partis, dont Guillaume Soro chef des forces rebelles, qui devient premier ministre. En 2004, l’ONU va alors envoyer un contingent qui a pour mission de faire en sorte que les accords de Marcoussis soient respectés, aujourd’hui,  cette mission compte environ 10 000 hommes en uniforme. La mission ONUCI s’est empressée de protéger le Golf Hôtel où était refugié Alassane Ouattara qui était alors fraichement reconnu président par la communauté internationale (France, Etats Unis) alors même que perduraient des doutes sur les résultats des élections.

 

II : Les interventions de la France

République Centrafricaine :

Contexte : La Centrafrique possède des liens très étroits avec les hommes politiques français depuis l’indépendance en 1960, le dictateur actuellement au pouvoir François Bozizé, arrivé par le biais d’un coup d’état, bénéficie d’un soutien infini de la part de la diplomatie française. Arrivée au pouvoir en 2003, le pays est en pleine guerre civile, l’armée française va alors mener l’opération Boali qui vise évidemment à appuyer la dictature de Bozizé. L’armée française participera activement à l’écrasement de la rébellion et va aider les militaires centrafricains alors que ceux-ci mènent des exactions en échange de contrats signés entre Areva et le pays riche en matière première et en minerai (diamant, bois, uranium…), le tout organisé par Patrick Balkany. Toute révolte et tout de suite écrasé, les élections sont truqués et même récemment, en janvier 2011, Bozizé a été reconduit dans ses fonctions tout en bénéficiant de financement de la France, de l’ONU ainsi que de l’UE pour le bon déroulement des élections mais sans mission d’observation.

Mission : Opération Boali, entre 2002 et 2008, « le détachement compte environ 200 militaires principalement basés à Bangui. Il comprend un état-major, une compagnie d'infanterie et un détachement de soutien (maintenance, administration, santé, prévôts). Le détachement Boali peut être ponctuellement renforcé. Des avions de transport tactique ou stratégique, des hélicoptères, projetés depuis la France ou des bases prépositionnées en Afrique, peuvent apporter un soutien dans les domaines de la mobilité, du renseignement et de l'appui aérien. » « En vertu des accords de défense et de sécurité liant la France à la RCA et à la demande des autorités centrafricaines, les militaires français ont apporté à plusieurs reprises aux forces armées centrafricaines et à la FOMUC un soutien renseignement et logistique, un appui feu aérien, une aide à la planification et à la conduite des opérations visant à reprendre le contrôle du Nord-Est du pays occupé par des éléments armés rebelles. » (extrait du site du ministère de la Défense)           

Tchad – République Centrafricaine (2008-2009) :

            Contexte et Mission : Le crime perpétré par le gouvernement soudanais a forcé les darfouri à venir se réfugié dans le pays voisin, à savoir le Tchad. Les camps de réfugiés étant toujours en danger par rapport au banditisme et aux armées rebelles presentes de l’autre coté de la frontière. L’ONU a alors décidé d’envoyer une force de police la MINURCAT pour controler le camps et veiller à la sécurité de ses habitants. La France s’est alors empressé d’inviter les pays membres de l’union à envoyer des soldats afin de protéger la force de police MINURCAT. Le chef de l’Etat a également proposé la participation de l’armée francaise puisque un détachement était déjà présent en Centrafrique. Comptant sur la mise en place de la force Eufor, la France peut alors avoir l’aval de l’ONU puisque sa présence est justifié par la sécurisation de la mission de l’ONU Minurcat. Seulement voila, sur les 300 policiers que devait envoyer les pays de l’ONU, un peu moins d’une centaine on était envoyer, de plus, les pays européens dédaignent à envoyer des forces allant même jusqu’à douter de l’utilité d’envoyer des soldats au Tchad. La France se retrouve en première ligne de la coopération avec le gouvernement Tchadien. Le dictateur Idris Déby adpote une opposition au régime de Omar al Bachir à Khartoum, la France oubliant les disparitions d’opposants politique tchadiens, oubliant l’enrôlement de force de jeunes enfants que pratique l’armée tchadienne et l’armée rebelle du Darfour. Les relations sont également économiques, la vente d’armes a explosé entre la France et le Tchad, elle est passé de cent mille euros en 2006 à 5,4 millions en 2007. Ce rearmement servirai a contré une prochaine avancée des rebelles du Tchad comme en 2006. La situation pousse à penser que la France est venu au Tchad pour d’autres volontés que protéger les humanitaires et la force de police. La présence française au Tchad pourrait encore une fois renforcé Déby dans son pouvoir tout d’abord du point de vue de l’union européenne et ensuite contre les rebelles moyennant un accès pour les entreprises françaises dans le pays ainsi que de juteux contrats d’armement.

 

Cote d’Ivoire : Les trois phases de l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire.

Première phase, fin mars : « La France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara » (Canard Enchaîné, 6 avril 2011). Un officier supérieur, « proche de l’Élysée », vante « notre efficacité dans l’organisation de la descente sur Abidjan ». Un autre, « membre des services de renseignement », confie : « On a fourni des conseils tactiques aux FRCI [Forces républicaines de Côte d’Ivoire] », mais aussi « des munitions et des Famas ». Cette confidence rappelle le témoignage – forcément sujet à caution – d’un ancien com’zone de la rébellion, Abdoulaye Traoré, sur l’aide apportée par des officiers français en 2003, qui « signalaient les dispositifs de l’adversaire et distribuaient les armes à des points précis » (www.lebanco.net, 13 août 2010). Notons, lors de cette première phase, le très faible écho dans nos médias de la mort de Philippe Rémond, seule victime française (La Croix, 04 avril). Cette victime d’un assassinat – vraisemblablement ciblé – au lendemain de l’entrée des forces pro-Ouattara dans la capitale politique, Yamoussoukro, présentait sans doute le défaut d’avoir dénoncé, depuis longtemps, l’ingérence française dans la crise ivoirienne.

Deuxième phase, les bombardements par les hélicoptères de Licorne et de l’ONUCI. Après que les rebelles se furent regroupés à la lisière d’Abidjan, Ouattara a demandé à Ban Ki-moon la destruction des armes lourdes des forces de Gbagbo. Demande répercutée à Sarkozy, qui donne le feu vert. Les premières frappes de l’ONU, le 4 avril, concernent des camps militaires. Mais selon le Canard Enchaîné, les hélicos frappent aussi « au passage des objectifs aussi stratégiques que le CHU et un supermarché du quartier de Cocody » ! Autres cibles, le bâtiment de la radiotélévision, les bâtiments présidentiels et une base de bateaux-bus qui servaient à transporter les jeunes patriotes.

Au bout d’une semaine de pilonnages répétés, et d’assauts, repoussés, des FRCI contre les forces de Gbagbo, l’assaut final a été donné. Les moyens utilisés selon l’amiral Guillaud, chef d’état-major des armées : quelques milliers d’obus de 20 mm, une dizaine de missiles HOT, une vingtaine de véhicules blindés et plus de 200 soldats français.

Depuis son lancement en 2002, l’opération Licorne a coûté entre un et deux milliards d’euros. Quel retour sur investissement peut en attendre l’Élysée ?

Christophe Barbier (LCI, 05 avril) donne des pistes. « Nous ferons payer la facture à ceux pour qui nous faisons ce travail difficile, douloureux, qu’est l’action militaire. D’abord nos alliés […] et puis les pays que nous libérons. La Libye, la Côte d’Ivoire, ce sont des pays qui ont des ressources. Ces pays nous rembourseront en avantages, notamment en matières premières, en énergie par exemple. Ils pourront aussi nous acheter des matériels militaires [...]. Licorne ou la loi du plus fort Nous allons, sans être cynique, améliorer nos matériels, améliorer nos méthodes. Avec l’expérience retirée de ces conflits, ça nous permettra d’être encore plus compétitif sur ce marché […] qu’est la vente des armes. »

Ajoutons que le Canard, notant les équipements tout neufs des FRCI, rapporte des témoignages et documents montrant que « des proches de Ouattara ont monnayé, en 2009 et en 2010, d’importantes quantités d’or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l’ONU.  »

Article de Rafik Houra du site Survie, 08 Mai 2011.

 

Libye :

            La France a été au devant de l’engagement militaire en Libye. En effet, reconnaissant très vite le conseil national de transition comme légitime, Nicolas Sarkozy s’empressera d’exiger la réactivité de l’ONU pour dénoncer les « massacres » auquel se livre Mouhamar Kadhafi, faisant l’hypothèse insultante que les français avaient oublié le récent déroulage de tapis rouge qu’il avait offert au guide de la Jumurihhya en l’accueillant à l’Élysée pour lui faire signer des contrats. Dans la même ligne impérialiste, la droite française a engagé l’armée de l’air dans une guerre qui ne dit pas son nom, l’instauration de la démocratie par les bombes. L’OTAN va très vite reprendre le conflit avec une très forte participation de la France, les porte avions ainsi que les avions de chasse opère tous les jours depuis le début du conflit, plus récemment, la France a mis des hélicoptères de combat a disposition de l’organisation militaro-impérialiste. Les bavures des attaques de l’OTAN commencent à surgir dans les médias, l’alliance les reconnait elle-même tandis que le régime de Kadhafi est toujours en place. L’avenir est sombre pour la population libyenne, en effet, les pays impliqués commencent à ressentir la lourde note financière de la guerre, sans voir d’issus pacifique. Il est probable que les forces de l’OTAN stoppent les attaques et que Kadhafi écrase à plate couture les insurgés ou que l’ONU impose une division du pays…  

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